Sprung in der Spring (oder in der Spree)

De mémoire de Berlinois, jamais l’hiver n’aura été aussi long, aussi rigoureux, aussi dur. Depuis plusieurs semaines, les trottoirs, recouverts de neige, puis de flotte, puis de verglas sont le théâtre de mémorables cascades : car ici, on ne balaie jamais devant sa porte. Résultat : le nombre de gamelles a explosé, faisant même les gros titres des gazettes locales. Loin du tapis rouge de la Berlinale…

Avant-hier, il pleuvait, hier il a neigé, aujourd’hui, le ciel bleu nous contemple. Dehors, un jeune dégénéré essaie frénétiquement de casser la glace à coups de pelle, moi j’envisage une truelle pour le calmer un poil. La nuit, économie d’énergie obligent, seuls quelques lampadaires clignotent faiblement dans les rues désertes. Une ambiance gemütlich, à la bougie.

Un article justement évoque un ralentissement de l’activité solaire depuis deux ans, susceptible d’expliquer les températures sibériennes actuelles. Cette anomalie dans les cycles pourrait avoir une influence non négligeable sur les changements climatiques de notre planète. Ce que nous risquons si le verdammt soleil ne redémarre pas, dixit les spécialistes  ? Un deuxième « petit âge glaciaire », après celui qui avait frigorifié l’Europe et l’Amérique du Nord du début du 15e siècle au milieu du 19e siècle.

Un « über-harsch winter » qui fait glisser les « cheveux longs, idées courtes » locaux dans une neurasthénie profonde : l’état d’esprit est globalement dépressif, chacun parle de l’avenir avec angoisse, la bohême ambiante sent sérieusement le rousti. Comment payer mon prochain loyer, que vais-je faire de ma vie, où suis-je, comment faire si papa me coupe les vivres…une crise existentielle spéciale trentenaires qu’il est impossible de mieux partager qu’ici, entre Prenzlauer Berg et Kreuzkölln. Car Berlin est une ville de gros bébés cadum, qui sirotent nonchalamment leur latte machiatto pendant des décennies, fuyant ad vitam eternam toute responsabilité et engagement. Pitié pour eux, rendez-leur au moins le printemps !

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5 thoughts on “Sprung in der Spring (oder in der Spree)

  1. Peut-être — mais c’est juste une réflexion humble et timide, okay? — peut-être il vaudrait mieux ne pas frapper un « jeune dégénéré » avec une truelle pour perforer après des « bébés cadum » avec un piolet… Assommer quelqu’un (soit les pauvres bougres, soit tes chers lecteurs) n’est-ce pas — mais c’est juste une réflexion humble et timide, d’accord ? — n’est-ce pas con comme un balai (devant sa porte ou ailleurs) ? C’est à faire… euh… pitié… oh…

  2. Il faut quitter Prenzlauer Berg ;)!
    Il y a quand même un bon paquet d’étrangers(européens, donc bcp de Français) qui y vivent et correspondent complètement à ce cliché, pas si Allemand que ça 😉

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