Look my loft

Jeune femme cherche appartement. Enfin, ma décision est prise : je quitte ma colocataire. Les trois poubelles « öko » dans la cuisine ; le nettoyage de baignoire au vinaigre ; l’interdiction de fumer même à la fenêtre de ma chambre parce que le grignotage de mégot intempestif lui donne la « migraine » ; les crises d’hystérie face aux tasses Mickey malencontreusement explosées par la gravité terrestre…c’est fini ! Vorbei, ma caille !

Je prends congé de ma tortionnaire, qui depuis deux ans souhaite « davantage de partage », une « véritable Freundschaft » avec mitonnage en duo de petits plats, discussions nocturnes et probablement débouchage de chiottes en tandem. Et moi qui joue les filles de l’air, comme d’habitude rétive à toute forme d’engagement, je souhaite évidemment la paix, le calme, mes clopes et une saine distance : pouvoir éructer des insultes ou casser des meubles tranquille dans mon coin en cas de petite colère. Intimité versus promiscuité, j’ai entlich choisi mon camp.

Donc je prospecte, je farfouille, je magouille pour découvrir le logis de ma vie : j’écume les sites web, fais tourner les mails aux copains de copains d’inconnus, m’abonne aux listes de diffusion et reçois petites annonces de taudis sur propositions de cohabitation indécente. Vu que les loueurs à Prenzlauer Berg ont adopté des mœurs parisiennes, tout locataire potentiel doit désormais montrer patte blanche avec dossier complet témoignant de ses ressources, de son garant, sans oublier la preuve de sa non affiliation à la SCHUFA …Ce qui, face aux propriétaires, me conduit -en criminelle fichée par la BVG-, à accentuer mon charmant accent de « Französin », en demandant avec de grands yeux innocents : « comment mon ami, mais qu’est-ce donc que votre ‘chauffe plat’ ? » [NDLR : voir post précédent ‘C.I.A’]

Question Wohnung donc, comme avec les hommes, il y a toujours un problème. Ou les rues alentours sont charmantes avec pléthore de cafés et de passants buenos mais l’appart en question ressemble à la Station Spatiale Internationale avec robinetterie décrépite et papier peint DDR. Ou le lieu est subliminal entre parquet et balconnet mais gît malheureusement au milieu d’ivrognes en rut dans un désert de réverbères. Sans oublier que la bicoque perfekt est, comme le mec perfekt, soit déjà pris, soit imprenable.

Certes, on me conseille de baisser mes prétentions, de faire des compromis mais cela m’est impossible. De détour en déconfitures, je vis ainsi un martyre moderne, en m’entêtant dans la quête du garçon, non de la garçonnière idéale !

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2 thoughts on “Look my loft

  1. je sens bien que cette histoire de nettoyage au vinaigre t’obsède. en appeler à l’écologie ne servira à rien et je sens bien que l’aspect économique de la chose te laisse de marbre. voici donc l’argument beauté : c’est mieux pour la délicate peau de tes délicates mains d’intellectuelle.

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