Coup de rein outre-Rhin

Sex is politic sauf peut-être outre-Rhin où le potentiel rouler-bouler des dirigeants flirte souvent avec le néant. Comparé à l’appétit pathologique de DSK pour les soubrettes, à la double vie de Mitterrand ou aux cabrioles « 5 minutes douche comprise » de Chichi, les potins croustillants sont, semble t-il, rares dans la vie politique schleue, dominée depuis presque une décennie par une Chancelière que MÊME ses compatriotes appellent ‘Mutti’ (Freud aurait adoré).

Je tiens à préciser que depuis le CHOC intersidéral de la publication de photos volées d’elle :

  1. à 20 ans, batifolant insouciante et nue sur une plage FKK (nudiste) de la mer Baltique
  2. vêtue d’une robe de soirée au décolleté de profundis pour une représentation d’opéra à Bayreuth,

on n’a plus jamais vu Madame Merkel autrement qu’en mère supérieure (tailleur-pantalon monochrome, boutonné jusqu’au cou).

Moralité luthérienne ou pulsions d’amibes ?

Force est de constater que les Teutons se montrent souvent CHALOUX de la rapidité des Français à placer le mot « bitte » dans une discussion, voire à ergoter sans fin sur la vie privée de leurs dirigeants. On pourrait croire qu’en Allemagne, les turpitudes amoureuses et autres liaisons dangereuses se déroulent sous le manteau. Ou alors CHAMAIS ? Détrompez-vous ! Votre rombière dévouée vous a concocté, en exclusivité, trois petites anecdotes de boudoirs qui racontent les ombres du pouvoir allemand.

LA BETTENCOURT TEUTONNE

« La cougar la plus riche d’Allemagne » qui se retrouve piégée par son gigolo a fait les gros titres en 2009. Suzanne Klatter, héritière de la dynastie BMW, une multi-milliardaire mariée et mère de trois enfants, se retrouve prisonnière d’un odieux chantage perpétré par son ex-amant, un bellâtre suisse, un brin plus jeune.
Menaçant de révéler leurs ébats et de publier des photos intimes, il exige (et empoche) secrètement de sa victime près de 7 millions d’euros. La vengeance est un plat qui se mange froid : le bougre, dont ce n’était pas la première affaire d’escroquerie sur oreiller, a depuis pris 6 ans de prison.

LE SEITENSPRUNG DU CHANCELIER

Helmut Schmidt, l’ancien Chancelier et désormais écrivain nonagénaire en cigare et Rollator, a sorti à l’hiver 2015 son autobiographie dans laquelle il confesse avoir entretenu une « affäre » durant son mariage pourtant jugé « modèle » (68 ans de noces avec sa « Loki », décédée d’un cancer en 2010).
Le « seitensprung » (adultère, ou littéralement « saut de côté ») de Schmidt a fait le tour des médias schleus avec cette punchline pudique: « dans les années 60 ou 70, j’ai eu une relation avec une autre femme. » Le bon Helmut, 93 ans, a entre temps présenté sa nouvelle compagne.

L’EMPIRE DU GLAUQUE

Dans le cadre d’une enquête mondiale sur un vaste réseau pédopornographique, ce député allemand, étoile montante du parti social-démocrate (SPD), a été accusé d’avoir visionné sur Internet des milliers d’images de mineurs nus. Son ordinateur a été confisqué, l’affaire est passée en justice et la carrière politique d’Edathy brisée net. Mais c’est toute la classe politique allemande, accusée de l’avoir couvert, qui a été éclaboussée par le scandale. Début mars, les poursuites contre Edathy ont été classées sans suite par un juge, en échange du versement 5 000 euros à une organisation de protection de l’enfance.

 

Last but not least, puisque je sens que vous adorez ces petites révélations horizontales, je vous offre DAS rumeur du moment -après le triste divorce des Schröder (l’ancien Chancelier à l’origine de l’Agenda 2010 et des réformes musclées qui ont fait de l’Allemagne « le meilleur élève économique » du Vieux Continent). On parle actuellement beaucoup du love come back des Wulff. Vous n’avez pas la moindre idée de ces personnes au nom…. d’aboiement canin ? Hé bien, sachez-le bande d’ignares, Christian Wulff et sa Bettina ont longtemps incarné LE couple de rêve au royaume des « Polit-Promis », alias les célébrités politiques allemandes.

Christian Wulff a été le plus « bref » président fédéral allemand entre 2010 et 2012, une distinction honorifique équivalent à celui de la Reine d’Angleterre qui lui a valu d’agiter les moignons lors de cérémonies officielles et de vider des flûtes de Champomy lors des pinces-fesses du Gotha. Ach, on ne lui demande pas grand-chose, au Président teuton. Son job, c’est d’être moralement nickel chrome, d’afficher une probité irréprochable, de représenter dignement le pays (de l’Holocauste et de la Stasi, pardon).

Un an avant d’arriver au Château (la meringue perchée sur la Spree qui lui sert de demeure officielle), Christian, un quinqua conservateur en pleine crise hormonale, quitte femme et enfants pour convoler avec sa nouvelle flamme, la blonde oblongue Bettina, ancienne attachée de presse et mère célibataire (et 20 ans plus jeune). A 36 ans, Bettina devient donc la plus jeune première dame de l’histoire du pays.

Jolie, lookée, sportive et surtout tatouée, elle fait tiquer les mégères bavaroises et les électeurs old school. Avec ses tenues glamour et son sourire ravageur, Betti fait souffler un vent de modernité et transforme l’image de son époux, jusqu’alors un cadre bon teint et un peu terne de la CDU.

Las, adieu, veaux, vaches et cochons ! En 2012, après avoir trinqué avec Obama et tous les grands de ce monde et déclaré que « l’islam fait partie de l’Allemagne« , Christian Wulff est poussé à la porte. Il est accusé de corruption. Je rappelle que dans la très rigide Allemagne, pomper sa thèse d’université peut coûter une carrière politique. Le nobliau bavarois en culotte de peau, Karl von Guttenberg, ex-poulain de Merkel atomisé par une banale histoire de plagiat, peut en témoigner.

Soupçonné d’avoir profité d’un crédit à taux préférentiel pour acheter sa maison, Wulff aurait ensuite tenté de faire pression sur le rédacteur en chef du Bild Zeitung afin d’empêcher la publication d’un article à son encontre. Pas de quoi fouetter un chat, mais les langues se délient et Christian Wulff se retrouve acculé pour abus de biens sociaux et inculpé en justice. Ployant sous le poids du scandale, il démissionne.

Du coup, son épouse 37°2, Betti est également jetée en pâture aux hyènes : son passé est fouillé intégralement, certains l’accusent d’être une garce arriviste, d’autres vont jusqu’à affirmer qu’elle est une ancienne prostituée du quartier rouge de Hambourg, ayant rencontré Wulff lors d’une partie fine.

Moins de sept mois après la disgrâce de son mari, atteinte du syndrome Rottweiler, Bettina publie son autobiographie sur son expérience de Première Dame, « Derrière le Protocole ». Les critiques sont unanimes, l’ouvrage est une daube, qualifiée par le Zeit de « punition pour toutes les commèresqui traîne la plus haute fonction gouvernementale allemande dans le trivial ». Evidemment, le brûlot devient un best-seller et les Wulff se séparent un an plus tard, en 2013. Rideau avant DAS coup de théâtre.

Aujourd’hui, le magazine people Bunte publie des paparazzades des dernières roucoulades « sooo romantik » en Italie des Wulff. Betti et Christian se seraient retrouvés, prêts à se donner une nouvelle chance. Et comme l’amour ne va pas sans chose publique, ces réconciliations pourraient signer le come back politique de l’ancien président déchu prédit déjà le Bild.

(Article publié par Ijsberg//Oeil de Berlin, mai 2015)

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