« Une poudrière sous la Baltique » | GEO Magazine, Paris, 2014

Son littoral déroule des plages splendides. Mais un secret explosif dort dans les eaux peu profondes de cette mer : des milliers de tonnes de munitions, vestiges de la Seconde Guerre Mondiale, y sommeillent. Photos Jan Zappner.

« Dans son appartement d’une morne banlieue de Klaipėda, en Lituanie, Bronius Kaseta feuillette son carnet de santé d’ancien citoyen soviétique, parsemé de caractères cyrilliques. Masqué par de lourdes montures, son regard s’arrête sur une page jaunie datée d’avril 1986 : «Ce jour-là, j’ai vraiment eu de la chance», se souvient-il. Kaseta, 78 ans, est un ancien marin qui a travaillé toute sa vie en mer Baltique. Chantiers navals, vaisseaux militaires, barques de pêcheurs… le port de Klaipėda était l’un des plus riches et des plus animés d’URSS. «Le boulot était dur mais tranquille», se souvient- il.

Jusqu’à «l’incident». L’équipage pêchait à quelques encablures des côtes lettonnes. «Lorsque nous avons remonté les filets, nous avons trouvé une vieille bombonne endommagée. Elle dégageait une substance visqueuse et malodorante.» Ils la rejetèrent à la mer mais très vite, Bronius et ses compagnons éprouvèrent des difficultés à respirer, des vertiges et des nausées. Leur peau commença à brûler, avant de se couvrir de cloques purulentes. «On doit revenir sur terre, sinon on va crever !» De retour au port, la voix cassée et souffrant de problèmes respiratoires aigus, Bronius fut immédiatement hospitalisé. Le diagnostic tomba : intoxication à l’ypérite, appelé aussi gaz moutarde. Les médecins lui recommandèrent du repos et des «décoctions d’herbe». Deux de ses compagnons furent transférés à Vilnius. Il ne les revit jamais.

L’accident n’avait rien d’une surprise. Car la Baltique, pour beaucoup la «seule mer véritablement européenne», qui réunit neuf pays et quatre-vingt-dix millions d’habitants, est aussi réputée être la mer la plus polluée du monde. Difficile de l’imaginer lorsqu’on observe, le long de ses 8 000 kilomètres de côtes, les paysages sauvages dont la beauté nordique inspira les romantiques comme le peintre allemand Caspar David Friedrich. Cette mer qui baigne quatre capitales (Copenhague, Stockholm, Tallinn, Helsinki) et l’ancien fief des tsars, Saint- Pétersbourg, déroule un panorama enchanteur, des plages de sable fin aux falaises de craies de Rügen, en Allemagne, des îles confettis du Danemark au bouillonnant port de Gdańsk, en Pologne, ou encore aux paysages lunaires de l’isthme de Courlande, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco…

Mais sous la surface des flots, la réalité est moins reluisante : environ un quart des fonds marins (voir carte) sont considérés comme «biologiquement morts», étouffés par la prolifération d’algues et le manque d’oxygène. Les rejets de l’agriculture et des industries littorales ainsi que le trafic maritime, transport de marchandises – qui a doublé entre 1997 et 2011 – ou circulation des ferries (150 millions de passagers par an), sont en partie en cause. Surtout, la Baltique est le dépositaire secret des haines qui ont embrasé le Vieux Continent au fil du XXe siècle : 50 000 tonnes d’armes chimiques et conventionnelles, héritage discret de la seconde guerre mondiale, tapisseraient ses fonds marins depuis 1945. Dont 13 000 tonnes de substances toxiques gisant entre quarante et cent mètres de profondeur, selon les chercheurs européens de Chemsea (Chemical Munitions Search and Assessment). En 2001, un scientifique russe de l’Institut d’océanologie de Moscou a établi qu’un sixième de cette quantité, si elle s’échappait en raison de la corrosion des munitions, suffirait à éradiquer toute forme de vie dans cette mer semi-fermée durant une centaine d’années.

Plus le temps passe, plus ce risque est grand. L’écosystème spécifique de la Baltique, sans marée ni courants, rend la disparition naturelle de ces déchets spéciaux impossible. Pire, il y a cinq ans, des journalistes suédois ont révélé que la Russie avait, entre 1989 et 1992, immergé secrètement des déchets militaires nucléaires au large des côtes suédoises – avec la bénédiction silencieuse des autorités de ce pays. A l’époque, se débarrasser de résidus radioactifs en mer était monnaie courante.

«Ici, tout le monde sait que la Baltique regorge d’armes chimiques, remarque Bronius Kaseta, le marin. Nous n’étions pas les premières victimes. Ni les dernières.» L’histoire a commencé avec la paix. Lors de la conférence de Potsdam en 1945, desti- née à régler le sort de l’Allemagne vaincue, les Alliés devaient régler quelques menus détails. Il fallait éliminer les surplus d’armes mais aussi les stocks de l’Allemagne nazie. «Hitler avait fait produire d’énormes quantités de munitions chimiques destinées au front de l’Est, près de 40 000 tonnes», rappelle Tadeusz Kaspérek, ancien ingénieur chimiste de l’armée polonaise et professeur à l’université de Gdańsk, auteur d’un livre sur le sujet. Du gaz moutarde principale- ment, du gaz tabun, lacrymogène et paralysant, et même du phosgène, aux propriétés suffocantes. «Les Alliés ont pensé que la meilleure solution serait de tout jeter à la mer, loin des populations, poursuit l’expert. Ils pensaient qu’avec le temps, les substances se dissoudraient dans l’eau, devenant inoffensives.»

«Out of sight, out of mind» («loin des yeux, loin du cœur»), affirme le dicton. Les vainqueurs s’engagèrent aussi à se débarrasser de leurs propres stocks d’armement. L’immersion en mer, déjà utilisée après 1918, devint le mode opératoire standard. «Les Américains et les Français ont bazardé leurs armes dans l’océan Atlantique au large de Biscaye, dans le golfe de Gascogne, les Anglais en mer du Nord et les Russes en mer Baltique», rappelle le professeur Kaspérek. Avant d’ajouter : «Les Anglais ont fait couler à pic des centaines de bateaux chargés de munitions dans le détroit du Skagerrak, entre la Norvège, la Suède et le Danemark. Et des équipages russes ont balancé des munitions en urgence et de manière éparpillée sur le trajet.»

Ces opérations se sont poursuivies jusque dans les années 1950, de nuit et sans aucune consigne de sécurité. Navires militaires et barques de pêcheurs réquisitionnés par l’armée rouge étaient chargés de munitions jusqu’à la gueule dans le port de Wolgast, en ex-RDA, puis mettaient le cap au nord, vers les îles de Bornholm et du Gotland, aux eaux réputées plus profondes, pour se débarrasser de leur cargaison toxique. Soixante-cinq ans plus tard, la quantité exacte d’armes immergées ainsi que leur localisation restent inconnues. «Les archives militaires de ces opérations sont protégées par un secret défense, prolongé jusqu’en 2017 par les ministères de la Défense britannique et américain», souligne Tadeusz Kaspérek. Tant que ces documents ne sont pas déclassifiés, personne ne peut rien prouver. Mais cet arsenal dormant est un secret de polichinelle pour les habitants de la région.

Nimbée par la brume, la petite île de Bornholm, au Danemark, déploie un panorama idyllique. Les maisons basses sont couronnées de toits bleus et rouges tandis que d’antiques fumoirs en pierre veillent sur des villages de pêcheurs. Dans les années 1980, cette île était le point le plus à l’Est du monde occidental, trans- formé en centre d’espionnage par les Américains qui cherchaient à percer les secrets dissimulés derrière le rideau de fer. La pêche y était la principale ressource : des milliers de chalutiers venus surtout du bloc soviétique se retrouvaient pour revendre la morue à des tarifs avantageux sur le port de Rønne. Jusqu’à peu, les accidents de pêcheurs avec la «poudrière sous-marine» étaient fréquents. Le sergent Jørgen Peter Henriksen, qui dirige une unité spéciale de la marine danoise, en a recensé 600 depuis 1964. Le plus grave eut lieu en 1999 : les marins d’un chalutier irlandais pêchant au large de l’île rapportèrent dans leurs filets un amas coagulé et visqueux dissimulé par les harengs, mais ne s’en aperçurent qu’après plusieurs heures de travail à fond de cale. Trop tard : gravement intoxiqués à l’ypérite, cinq matelots moururent.

Désormais, «il existe une procédure d’urgence en cas d’accident de pêche avec des munitions immergées : assistances civile et militaire sont prévues, ainsi qu’une indemnisation financière», explique le sergent Henriksen. Une fois l’accident signalé aux autorités maritimes, le Beredskabsstyrelsens, une brigade d’urgence, prend le relais : le périmètre est bouclé, les pêcheurs évacués, le navire immobilisé et nettoyé de fond en comble par des pompiers en scaphandre et masque de protection. Mais le transport de ces résidus au comportement imprévisible s’avère souvent trop dangereux. «Dans 99 % des cas, nous les rejetons à la mer dans des zones délimi- tées», confesse Henriksen. Sur la carte qu’il pointe du doigt, les alentours de Bornholm sont criblés de points rouges, correspondant à ces zones. Malgré les mises en garde, beaucoup de chalutiers continuent d’y pêcher. « Les pêcheurs disent qu’en rai- son de l’interdiction de navigation, la zone est plus calme et les poissons, plus nombreux, poursuit le sergent. Nous ne pouvons pas leur interdire. Le problème, c’est qu’avec leurs filets, ils disséminent encore plus les munitions.»

Le nombre d’accidents a dorénavant chuté à un ou deux cas isolés par an. «Les quotas de pêche européens ont considérablement réduit l’activité économique, explique le major Michael Grønbech- Dam, chef de la cellule “armes chimiques” du Beredskabsstyrelsens. Et tous les accidents ne sont pas signalés.» L’indemnisation danoise est réduite si l’accident a lieu en zone interdite et ne s’applique pas du tout aux chalutiers étrangers. Et en cas d’intervention, la pêche est jetée et le bateau immobilisé, parfois plusieurs jours. Un manque à gagner que les pêcheurs préfèrent éviter, en se taisant. «Notre système n’est pas parfait mais nous sommes les seuls à essayer de nettoyer la Baltique, ajoute Grønbech- Dam. La question n’est pas de savoir si une pollution massive se produira mais quand.»

Depuis trente ans, les biologistes alertent sur les séquelles que cette pollution invisible laisse sur la faune et la flore. La commission d’Helsinki (Helcom), qui réunit les neufs pays riverains de la Baltique et entend protéger l’environnement régional, publia en 1995 un premier rapport sur les munitions immergées. Le détroit du Skagerrak, l’est de l’île danoise de Bornholm et le sud de l’île suédoise du Gotland furent déclarés «zones dangereuses» pour la navigation et la pêche. Face aux inquiétudes des populations, la commission jugea alors qu’en raison des risques d’explosion, il était «plus prudent de laisser les munitions au fond de l’océan.»

Cette inertie contraste avec le boom économique de la Baltique : les chantiers s’y multiplient, suscitant de nouvelles inquiétudes. Exemple le plus controversé, le gazoduc Nord Stream qui, depuis 2011, relie la Russie à l’Allemagne avec ses deux tubes géants de 1 224 kilomètres posés sur les fonds marins. Budget : 8,5 milliards d’euros. Durée des travaux : quatre ans, financés par Gazprom avec les groupes européens Wintershall, E-On, Suez et Gasunie. Selon le discours officiel, le gazoduc n’a pas touché aux dépotoirs d’armes chimiques de Bornholm. Gazprom, en outre, n’a pas lésiné sur les «compensations» : plusieurs pro- jets d’ONG écologistes ont été financés par l’entre- prise dans la région, des pêcheurs se sont même vu offrir du matériel neuf… Ses ingénieurs ont aussi déminé le parcours dans le golfe de Finlande pour sécuriser la construction du pipeline.

Nord Stream, qui devrait bientôt se voir élargi à trois canalisations, n’est pas le seul chantier industriel pharaonique en cours. Quatorze parcs d’éoliennes offshore ont été construits ces dix dernières années, comme les impressionnants Baltic 1 et Baltic 2, à quelques milles des rives allemandes. Pour les faire fonctionner, plus de 7 000 kilomètres de câbles électriques seront déroulés d’ici à 2030. Rail Baltica, un projet ferroviaire européen ambitieux censé relier Tallinn (Estonie) à Varsovie (Pologne), prévoit aussi la construction d’un tunnel sous-marin entre Tallinn et Helsinki, en Finlande, une zone truffée de mines. Dans son étude publiée par le Nature Research Centre de Vilnius en 2009, et présentée l’année suivante au Parlement européen, la chercheuse lituanienne Janina Baršienė a constaté que «dans les zones où gisent les munitions, l’ADN des poissons a été modi-fié, attestant du probable impact environnemental des travaux offshore.» A ses yeux, aucun doute : «nous assistons à une pollution non contrôlée.»

Visage poupin, pipe au bec et Converse aux pieds, Jacek Bełdowski dirige l’institut d’océanologie de l’Académie polonaise des sciences, à Sopot. Nichée dans la baie de Gdańsk, cette chic station balnéaire polonaise est connue pour ses villas Art nouveau et son Molo, la plus longue jetée de bois d’Europe. Depuis 2011, Bełdowski pilote Chemsea : un projet de coopération et de recherche européen financé à hauteur de 4,8 millions d’euros par Bruxelles, qui réunit experts biologistes et officiers navals pour établir l’impact des munitions immergées sur la faune et la flore. Un peu par hasard et grâce à des témoignages d’anciens militaires de l’armée est-allemande, Bełdowski a pu identifier un nouveau dépotoir chimique presque sous les fenêtres de l’institut. « Une soixantaine de tonnes d’armes chimiques et conventionnelles auraient été déversées en 1946 dans la baie de Gdańsk, révèle-t-il. Mais la Russie refuse de nous fournir la moindre confirmation.»

Entre 2011 et 2013, en partenariat avec la Marine de son pays, le chercheur polonais a également dirigé six expéditions de recherche hydrographique autour des îles de Bornholm et de Gotland et dans la baie de Gdańsk. L’équipe a utilisé un matériel de pointe : véhicules sous-marins automatiques (AUV), caméras acoustiques, technologies sonar et ultra- sons déployés afin d’observer poissons, coques et sédiments. Les analyses toxicologiques ont été confiées à des laboratoires indépendants en Fin lande et en Suède. Et leurs conclusions sont sans appel : des mutations génétiques ont été confirmées sur les organes et les tissus des poissons à proximité des zones d’ensevelissement, confirmant les conclusions de la chercheuse lituanienne, même si aucune trace toxique n’a été retrouvée dans les sédiments. Plus grave : «Loin de se dissoudre, les éléments chimiques ont dégagé d’autres polluants toxiques sous l’effet de la corrosion et de l’absence d’oxygène : de l’arsenic, du mercure ou du plomb, précise Jacek Bełdowski. Et le TNT des explosifs est aujourd’hui classé parmi les substances fortement cancérigènes.» Les poissons pêchés dans ces zones devraient-ils être interdits à la consommation ? «Sonner l’alarme trop vite serait une catastrophe économique pour la région», tempère Bełdowski qui juge «délicat», au vu de la pollution généralisée de la mer Baltique, d’établir avec certitude un lien direct de causalité entre armes chimiques et contamination de la chaîne alimentaire. Le chercheur espère que le rapport Chemsea va inciter l’Europe à financer un nouveau projet pilote pour récupérer et détruire ces armes.

Il y a urgence. En janvier dernier, Carola Erler, une Allemande d’une quarantaine d’années, rentrait d’une longue balade sur une plage, près d’Usedom. Elle avait collecté des dizaines de morceaux d’ambre. Emblème de la mer Baltique, cette résine végétale fossilisée aux reflets mordorés est utilisée pour fabriquer des colliers ou des porte-bonheur. Carola posa son butin sur la cheminée, et vit son salon s’embraser. Elle fut gravement brûlée à la main, l’espace entre son annulaire et son majeur n’était plus que chair et nerfs à vifs. Enfant du pays, Carola connaissait son histoire mais n’aurait jamais pensé y être confrontée : «Le centre secret de recherches nazi de Peenemünde, situé à quarante kilomètres de là, avait été bombardé par les Anglais, dit-elle. Des milliers de bombes au phosphore stockées dans l’usine ont explosé avant de se répandre dans la mer.» Or, le phosphore a exactement les mêmes couleur et consistance que l’ambre. En contact avec une source de chaleur, comme une main, la peau à travers la poche d’un maillot de bain – ou a fortiori une cheminée allumée –, il s’enflamme à 1 300 degrés en quelques secondes. Cette arme chimique a été utilisée lors des récents conflits en Irak ou en Afghanistan. En cas d’exposition à de fortes doses de ce poison, les organes subissent des dommages irréversibles.

Elle aussi victime l’an dernier d’une brûlure au phosphore sur une plage proche d’Usedom, Inge Bermann (l’identité a été changée) se rend chaque mois dans un hôpital de Berlin. La surveillance médicale à vie inclut prises de sang régulières, radios et séances de rééducation. Inge est furieuse contre le gouvernement et a décidé d’attaquer en justice le Land du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale : «L’Allemagne est sans doute le pays le plus réglementé du monde. Au nom du principe de précaution, il existe des lois sur tout. Mais pour les armes chimiques, on fait l’autruche ?» Les îles sauvages d’Usedom et de Rügen attirent en été des millions de touristes qui profitent de la baignade, alanguis dans les fameux «Strandkörben», ces fauteuils de plage en osier tressé et à rayures bleues et blanches apparus à la Belle Epoque, qui parsèment ses plages. Cachées derrière les dunes, quelques pancartes les incitent à se montrer «pru- dents», lorsqu’ils ramassent ce qu’ils pensent être de l’ambre. Des dizaines d’accidents ont déjà lieu sur la rive sud de la Baltique, jusqu’en Lituanie, sans qu’aucune campagne d’information ne soit menée. Pour le biologiste allemand Stefan Nehring, les autorités étouffent délibérément la vérité : «On a fait croire qu’il ne restait aucun résidu chimique de munition dans les eaux territoriales allemandes. Régler le problème coûterait trop cher.»

Expert mondial du sujet et activiste engagé, Terrance P. Long dirige depuis 2004 l’ONG International Dialogue on Underwater Munitions. Selon lui, il s’agit du «problème écologique majeur des décennies à venir. Il concerne tous les océans du monde et de nombreux lacs d’eau douce.» Ainsi, dans ceux de Thoune, de Brienz ou des Quatre- Cantons, l’armée suisse a récemment reconnu avoir immergé quelque 8 000 tonnes d’obus jusqu’au milieu du XXe siècle. L’Adriatique mais aussi le Pacifique sont également concernés par ces dépotoirs toxiques. A la suite d’expérimentations d’armes chimiques de l’armée américaine dans l’île de Vieques, à Porto Rico, dans les années 1960, des études menées par les autorités de santé locales ont relevé un taux de cancers sept fois plus élevé qu’ailleurs, rappelle Long. «L’armée et l’industrie disposent de techniques sous-marines qui per- mettent de collecter et détruire ces armes, insiste- t-il. Il faut une action politique collective.» Son argument : la destruction des munitions immergées ouvrirait des perspectives économiques. La conquête des fonds marins commence. Et la Baltique n’a pas fini de livrer ses secrets. »