La « Hebamme » | Arte, 2021

Mots, rites, objets, références… L’émission Karambolage propose une anthropologie comparative amusée des autochtones, de part et d’autre du Rhin.

Les sages-femmes françaises se battent pour une meilleure reconnaissance de leur profession. Prune Antoine regarde ce qu’il en est des sages-femmes en Allemagne. Illustrations Philipp Seefeldt.

« Allo parents, bobo » | France Télévisions, 2021

Grand reportage, invité-e-s et actualité européenne sont au sommaire du magazine « Nous, les Européens ». Pour ce nouveau numéro, direction l’Allemagne, où la question du burn-out parental est traitée dans des structures dédiées prenant en charge cette souffrance qui reste, encore aujourd’hui, un phénomène tabou dans de nombreux pays européens.

Le burn-out parental touche entre 5% et 8% des parents. En France, il n’y a qu’une dizaine de relais parentaux qui permettent aux parents épuisés de laisser leurs enfants pour quelques heures ou quelques jours. Dont le relais parental Passerelle 92, premier établissement du genre en France, créé en 1985 à Gennevilliers, dans le département des Hauts-de-Seine.

En Allemagne, il existe un système qui permet aux parents de faire une pause dans des établissements spécialisés. Ce sont de véritables cures d’une durée de trois semaines où les mères et les pères peuvent dormir, faire du sport, se relaxer et recevoir des conseils de toute nature auprès de thérapeutes…Un reportage de Prune Antoine et Sébastien Millard.

La « Schreiambulanz » | Arte, 2021

Mots, rites, objets, références… L’émission Karambolage propose une anthropologie comparative amusée des autochtones, de part et d’autre du Rhin.

Prune Antoine est française et vit à Berlin. À la naissance de son enfant, elle a découvert une institution typiquement allemande, la « Schreiambulanz ». Illustrations Philipp Seefeldt.

Le ciel de Berlin | Arte, 2017

Mots, rites, objets, références… L’émission Karambolage propose une anthropologie comparative amusée des autochtones, de part et d’autre du Rhin.

La journaliste française Prune Antoine vit depuis 8 ans en Allemagne. Elle nous fait maintenant visiter les toits de Berlin. Personnes sujettes aux vertiges, s’abstenir ! Illustrations Olivia von Pilgrim.

Le « Späti »| Arte, 2016

Mots, rites, objets, références… Karambolage propose une anthropologie comparative amusée des autochtones, de part et d’autre du Rhin.

Prune Antoine est une jeune journaliste française qui vit à Berlin. Elle nous présente un lieu berlinois qu’elle affectionne : le « Späti ». Illustrations Olivia von Pilgrim.

Sisters of Europe | European Cultural Foundation+Advocate Europe, 2018-2020

Sisters of Europe is an innovative platform documenting women’s condition in the post #MeToo Europe via 27 in-depth interviews of 27 women from 27 countries, four debates in four capitals and an online campaign.

As a grantee of the Advocate Europe program and the European Cultural Foundation, I co-founded Sisters of Europe and I managed it as an editor-in-chief over two seasons. Sisters of Europe focuses on one central question: what consequences did the #MeToo movement have on European societies? Where do we stand on gender equality, a century after the “suffragettes”?

Sisters of Europe is an archive of sorts and a non-profit initiative. Achieved by a pop-up newsroom of over 70 freelance reporters, photographers, graphic designers and event managers based all over Europe, it is a time capsule with striking interviews, strong photographs and high-quality design relating life of women from Paris to Pristina or Minsk.

Follow #sistersofeurope on Facebook and Instagram.

Borderline | Bundeszentrale für Politische Bildung+cafebabel.com, 2018

@Graphism Johan Giraud

Borderline, produced by cafebabel and that I managed as an editor-in-chief, portrays parts and people of Poland that are often rendered invisible; their everyday lives, commitments, their initiatives and hopes, but also their worries and fears. 

The project was created to shed light on the (g)local problems they are faced with, but also show just how similar the lives of young people in different European countries can be, regardless of location. Through eight multimedia features translated in 6 languages and one documentary, the cross-border teams explored Poland’s border cities and their relationship to neighbouring regions. Because at the end of the day, stories don’t end at borders. 

Borderline was awarded the Spinelli Prize 2019 and finalist of the Grimme Online Award 2019.

« Allemagne : Sur la piste brune de la III. Voie » | Médiapart, Paris, 2021

Un an après l’attentat de Hanau, le 19 février 2020, où un terroriste d’extrême droite a tué neuf personnes dans deux bars à chicha, et à quelques mois des élections fédérales de 2021, reportage en dix épisodes et en immersion dans une section locale du parti néonazi qui monte en Allemagne : La Troisième Voie. Illustrations Piet. Côté coulisses de l’info, c’est par ici.

« La première fois que j’ai vu Tony Gentsch, j’ai pensé qu’il ressemblait à son job. Barbichette années 90, cheveux châtains hérissés au gel et voix de stentor. Dans une autre vie, Tony était boucher. Il est aujourd’hui l’une des têtes d’affiche du parti néo-nazi qui monte en Allemagne : Der Dritte Weg pour la III. Voie. C’est bizarre d’être la copie de son taf. Mais Tony, 36 ans, est un rescapé de « Die Wende », la réunification allemande, et il a appris très tôt à se fondre dans le paysage. De la gastronomie aux concerts de rock métal, de la taule au conseil municipal, du skinhead au gendre idéal, Tony le caméléon jongle avec les codes, les mots, les visages. Quand on a changé de pays, de passé et d’identité en une nuit, les changements de cap sont une formalité.

Fiché « ultra violent » et placé sous surveillance des services de renseignement, il trimballe sa carrure débonnaire dans les rues de Plauen, en Saxe, gouaille en bandoulière et New Balance aux pieds (ces sneakers pour hipsters reconverties en signe de reconnaissance de la scène radicale). Tony Gentsch, c’est l’archétype du chef de bande, sympa, jamais seul et toujours prêt à dépanner. Pas vraiment ce que l’on attend du représentant d’un parti antisémite, révisionniste et xénophobe. Mais écrire sur l’extrême droite, c’est entrer dans une dimension parallèle. Naviguer entre ce que l’on imagine, ce que l’on perçoit et ce que l’on sait. Si elle existe, la vérité doit probablement se trouver quelque part entre les trois. La réalité elle, est plus changeante qu’un fil Twitter. »

Episode 1 | En ex-RDA, les néo-nazis font leur miel des espoirs déçus

Episode 2 | Un boucher au conseil municipal

Episode 3 | La Saxe, laboratoire de la scène radicale allemande

Episode 4 | En Allemagne, l’extrême droite se soulève contre la «dictature du corona»

Épisode 5 | Ladies first : comment les extrémistes de la III Voie séduisent les femmes

Épisode 6 | Une ratonnade sur fonds de #blacklifematters

Épisode 7 | Promenons-nous dans les bois

Episode 8 | Retour sur la cavale sanglante de la NSU

Episode 9 | AfD, complotistes et neo-nazis, les liaisons dangereuses

Episode 10 | 30 ans de réunification et une nouvelle déflagration

@Piet

« Europe’s patchwork of abortion laws is absurd. Rights must be made universal » | The Guardian, London, 2019

I was stunned to discover that abortions, strictly speaking, are still not legal in Germany.

« When I was 30, in 2011, I had an abortion. I was living in Berlin, a city known, since the fall of the Wall, for championing freedom. Or at least it was until attention turned to my womb. Born in France in the 1980s, and brought up on the internet, the Erasmus European studies programme and love without borders, I was under the happy illusion that everything relating to women’s bodies – from abortion to assisted reproduction – was covered by rights secured after long, hard struggles. Brexit effect forces women to go to Netherlands for abortions.

I blithely assumed that the milestones on the road to liberating French women – the May 1968 uprising, the 1971 “Manifesto of the 343” signed by women admitting to having had an abortion, Simone Veil, the health minister who legalised abortion, and the first test-tube babies – were all sufficiently European to be taken for granted, whatever the language.

I was stunned to discover that ever since the Third Reich, Germany has been very concerned about the fate of its foetuses. Abortions, strictly speaking, are still not legal. Under paragraph 219a of the penal code, abortion is no longer a criminal offence, but gynaecologists who publish details of their methods may be prosecuted. German courts treat any form of information on abortion as “illegal publicity”.

Fortunately no one assaulted me with knitting needles, nor was I thrown into prison. But I was subjected to a bureaucratic obstacle course. I was quizzed by medics and social workers, then made to wait for a long time; I was issued with an official permit, which was duly rubber-stamped, and then made to wait again. Finally, I was given the details of a “certified” doctor.

The experience led to my rebirth as a feminist. Somewhere along the way I began to wonder how – in the 21st century and after more than 60 years of European integration – legislation on women’s bodies could be so different from one European Union member state to the next.

As a journalist I’d focused my work for many years on women, from Warsaw to Nicosia, and their desire (or not) to have children. Having a remarkable range of choices and almost complete freedom seemed emblematic of women of my generation. I had observed eastern Europe’s absurd patchwork of reproductive rights and the geographical manoeuvres it entailed. I’d talked to women in Poland who had travelled to Germany to abort, Germans over 40 going to Greece for one last try at in vitro fertilisation, down-at-heel Ukrainians acting as surrogate mothers for same-sex couples in the west, and Czech donors selling their egg cells to their less fertile sisters in France.

I had investigated abortion tourism, IVF trips and huge legal discrepancies, rooted in religious, moral or family values. Poland, for instance, has a ban on abortion, but is much the most liberal country for assisted reproductive technology: in the field of frozen embryo implants almost anything is possible, with state funding to boot.

In what is supposedly a union, I saw women subjected to frontiers, national restrictions, and blame-laden or increasingly retrograde language. Did the passport-free Schengen area not apply to our wombs? Despite having built a single market, a single currency, shared institutions and a common capital, Europe offered no universal rule for women’s bodies.

Friends in Paris travelled to Brussels to have their eggs frozen. Others, single or gay, had to make several trips to Spain. One woman I know had to have an abortion in the Netherlands because she was over the 12-week German limit. Surely for gender equality to have any real meaning it must start with that?

It has often crossed my mind that if men had to abort, special drive-thru clinics and morning-after-pill vending machines would have sprung up all over our cities. There would be legal provision for all comers, no one forced to undergo abortion at sea in order to escape national restrictions, no court battles. It would all be above-board and freely accessible, with the benefit of EU-wide health insurance. How can the EU’s 28 member states agree on edible snails or shower heads, yet remain silent on the reproductive rights of half the population of the continent? Every year Europe issues hundreds of directives and legislative packages, but I’ve never heard of any plans to harmonise EU legislation on abortion.This is Europe: stay close with the Guardian’s email updatesRead more

Now that I have a little girl I dream of European integration advancing in leaps and bounds, rather than stumbling. I wish the EU would take risks and be a pioneer for women’s rights. I refuse to applaud the fact that the gender pay gap is “only” 16.2%, that parental leave for both parents has been extended by 10 days, that violence against women has been outlawed. Much more is needed. Only societies that enjoy greater freedom can make up for increasingly tame political ideals, for a stagnant economy and for a historical miracle (the EU) in danger of turning out to be a mirage.

If nation states can pool their currency or borders, then surely reproductive rights should be child’s play. It’s time to deliver a women’s Europe, even if it requires forceps. Christine Lagarde and Ursula von der Leyen, we eagerly await your next move. »

« Kaliningrad : Les bruits de la guerre au coeur de l’Europe » | Médiapart, Paris, 2017

« Qui a peur de Kaliningrad ? Entre 1945 et 1991, ultra-militarisée et ultra-secrète, l’enclave soviétique sur la mer Baltique abritait le plus fort contingent militaire soviétique, des stocks d’armes conventionnelles et nucléaires, des centaines de casernes et l’école fédérale des services secrets. Avec l’élargissement vers l’Est en 2004, ce « trou noir » s’est retrouvé en plein cœur de l’Europe, entre Pologne et Lituanie, plus proche de Berlin que de Moscou.

L’enclave de Kaliningrad est de facto devenue un levier géopolitique de choix pour le Kremlin et une menace tangible, selon l’OTAN. Depuis l’annexion de la Crimée en 2014 et la guerre « hybride » menée par la Russie dans l’est de l’Ukraine, les pays de la région ont sombré dans l’inquiétude, parfois dans une paranoïa et « russophobie » galopante. À Vilnius et Varsovie, le service militaire obligatoire fait son grand retour, les budgets de la défense gonflent, des groupes paramilitaires surgissent, des systèmes de surveillance sont érigés aux frontières.

Face à « l’agressivité » du Kremlin, l’OTAN joue désormais la carte de la « dissuasion ». En se livrant à des démonstrations de force, l’organisation veut rassurer ses alliés. De son côté, Vladimir Poutine considère cette expansion de l’OTAN comme une « menace » sérieuse, justifiant le boom du patriotisme dans le pays.

Qui provoque qui ? Qui est l’ennemi ? Les deux camps sont passés maîtres dans l’art de se retourner la responsabilité de la montée des tensions. Cette guerre des nerfs entre Est et Ouest, à coups de déclarations menaçantes, de propagande médiatique et de course aux armements, multiplie les risques de déflagration.

Prune Antoine, accompagnée du photographe allemand Jan Zappner et du journaliste lituanien Gil Skorwid, a sillonné Kaliningrad, la Lituanie et la Pologne pour écouter ces bruits de la guerre. Des bruits qui ont déjà cette lourde conséquence : les habitants sont otages de cette escalade militaire et rhétorique. Comme si ces régions transfrontalières étaient devenues les champs de bataille d’un jeu de guerre qui hante tous les esprits. »

Episode 1 | A Kaliningrad, la guerre patriotique est au coin de la rue

Episode 2 | Une enclave sous très haute surveillance

Episode 3 | «  La propagande nous maintient dans un conte de fées militaire »

Episode 4 | En Pologne, revival du shopping et revival paramilitaire

Episode 5 | Des miradors plantés à la frontière, mais pour quoi faire ?

Episode 6 | «  Le temps de la paix éternelle n’est pas arrivé »

Episode 7 | La Lituanie s’en va t-en guerre

Episode 8 | L’OTAN, une nouvelle religion pour les pays de la région

Episode 9 | « La Lituanie doit rester vigilante sans sombrer dans la paranoïa »

Cette enquête récompensée par le Prix Philippe Chaffanjon a été financée par le Journalism Fund, une ONG soutenant le journalisme d’investigation cross-border en Europe.